Santé cardiovasculaire : petits changements, grands effets !

06/01/2014
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Les produits enrichis en phytostérols font partie des mesures efficaces qui contribuent à réduire le taux de cholestérol LDL. Certaines données ont cependant remis en cause la sécurité des phytostérols. Orateurs et experts dans le domaine de la nutrition se sont réunis lors d’une table ronde organisée par Unilever pour faire le point sur l’état des connaissances (1).

 

Place à la prévention

 

Bien que les maladies cardiovasculaires représentent toujours la principale cause mortalité, elles ont, en chiffres absolus, sensiblement régressé au cours des dernières années. Selon le Prof Ernst Rietzschel, Université de Gand, 50 à 75 % de cette évolution est attribuée à une meilleure prévention, 30 à 45 % à un meilleur traitement. Nous avons habituellement une approche basée sur les patients à haut risque. Mais la prise en charge des personnes présentant une légère hypercholestérolémie, un léger embonpoint, une légère hypertension est également une priorité de santé publique, car c’est parmi ces nombreuses personnes que le potentiel préventif est le plus élevé. Pour le Prof Ernst Rietzschel: « une grande partie de la population exposée à un faible risque peut générer bien plus de cas de MCV qu’un petit nombre exposé à un risque élevé ». Plus les changements du mode de vie sont effectués tôt dans la vie, plus le potentiel préventif est important. Une réduction du taux de cholestérol LDL d’environ 10 %, grâce à un style de vie et une alimentation sains, peut sembler modeste par rapport à l’effet de médicaments (statines), mais n’est pas à sous-estimer. L’approche classique fondée sur les essais randomisés évalue que pour une réduction du LDL-C de 40 mg/dl, le risque de mortalité cardiovasculaire diminue de 22 %. Cela voudrait-il dire qu’une réduction de 10 mg/dl grâce à une adaptation du mode de vie ne diminuerait le risque cardiovasculaire que de 5 % ? Pas du tout, avance Rietzschel, on peut raisonnablement estimer que l’effet d’un changement de style de vie est potentiellement 3 à 4 fois plus grand (15-20%) que les prédictions sur base d’études qui analysent les effets des médicaments sur des périodes courtes de 4 à 5 ans. La différence réside dans la durée de l’effet car un changement de style de vie peut valoir à vie. A long terme, le potentiel de prévention d’effets modestes auprès d’une grande partie de la population est donc énorme.

 

Pas de surconsommation en Belgique

 

Les produits enrichis en phytostérols ont reçu leur première approbation par la commission Novel Food en 2000. Unilever effectue un monitoring de l’utilisation de ces produits (Post-launch monitoring ou PLM). En 2009, l’Europe a autorisé une allégation de santé pour les produits enrichis en phytostérols, relative à une réduction du risque de maladie coronarienne. Une telle allégation est de nature à suggérer que la consommation de ces produits pourrait augmenter. C’est la raison pour laquelle un nouveau PLM a été réalisé dans 5 pays européens, dont la Belgique. Ce 3e PLM, explique le Dr Geert Van Poppel, Unilever Research & Development, porte sur les habitudes d’achat de 92 000 ménages, dont 11 612 achètent des aliments avec des phytostérols ajoutés. Les résultats indiquent une consommation moyenne se situant entre 0,35 et 0,86 g de phytostérols par jour. C’est inférieur aux 1,5-2,4 g par jour recommandés pour une réduction du cholestérol de 7 à 10 %, et nettement inférieur aux 3 g qu’il n’est pas nécessaire de dépasser. Même les plus grands consommateurs dans notre pays (95e percentile) restent en dessous des 3 g de phytostérols par jour. L’enquête montre en outre que la majorité des produits avec phytostérols ajoutés est achetée par des adultes de plus de 35 ans dont le ménage se compose d’1 ou 2 membres. Seul 1,5 % des ménages qui achètent ces produits ont un enfant de moins de 5 ans.

 

Phytostérols et risque cardiovasculaire

 

Les phytostérols permettent de réduire significativement le taux de cholestérol LDL, ce qui agit dans le sens d’une réduction du risque cardiovasculaire. Cependant, une augmentation des taux circulants de phytostérols pourrait avoir un effet inverse, ce qui sème le doute dans certains esprits. Le Dr Olivier Descamps, Hôpital de Jolimont, a passé en revue les différents arguments. Il souligne notamment que dans la vingtaine de cas au monde atteints de sitostérolémie, il y a une augmentation des taux sériques de stérols végétaux, mais par comparaison au cholestérol, pas d’augmentation préférentielle des phytostérols dans la plaque, ils peuvent simplement être là par diffusion passive. Quant à certaines études qui avaient rapporté l’existence d’une association entre le taux élevé de phytostérols dans le sang et un risque cardiovasculaire accru, il souligne que d’autres études, plus récentes, n’ont montré aucune association ou au contraire une relation inverse qui pourrait être interprétée comme une protection. Une méta-analyse récente (2) montre pour la première fois qu’une consommation d’aliments enrichis en phytostérols n’entraine qu’une légère hausse des taux plasmatiques de phytostérols par rapport à la  réduction observée des taux de cholestérol LDL. D’autres données récentes rapportent que les phytostérols, outre leur effet sur le cholestérol LDL, peuvent améliorer la vasodilatation dépendant de l’endothélium. Finalement, conclut le Dr Descamps, il n’existe pas d’évidence quant à un effet néfaste de phytostérols, alors que leurs effets bénéfiques, notamment sur le taux de cholestérol, sont pertinents.

                                        

Très utile et sûre

 

Compte tenu de la prévalence élevée d’une hypercholestérolémie, une réduction même modeste grâce à la consommation de produits enrichis en phytostérols, dans le cadre d’une alimentation équilibrée et d’un style de vie sain, peut s’avérer très utile et sûre pour de nombreuses personnes.

 

Références

(1) Bruxelles, le 28 novembre 2013.

(2) Ras RT et al., Atherosclerosis 2013; 230: 336-46.




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