L’eau, c’est la vie, hiver comme été

12/12/2012
Article

S’hydrater insuffisamment, quelle que soit la saison et quel que soit l’âge que l’on ait, c’est s’exposer à une série d’inconvénient, des plus anodins aux plus graves.

C’est bien connu, en hiver la peau est sèche. L’air souvent sec de l’hiver favorise cette déshydratation cutanée. Et cela entame la résistance de notre enveloppe cutanée parce que la cohésion entre les cellules de l’épiderme est altérée. Il y a donc place pour la pénétration bactérienne et les gerçures. On a de bonnes raisons de penser également qu’une peau déshydratée est plus sensible aux agents irritants qu’une peau bien hydratée1.

Boire mais aussi entretenir sa peau

Il est bien connu que pour lutter contre la déshydratation, il faut boire. De nombreuses études ont été consacrées ces dernières années à des molécules de nature protéique appelées aquaporines, qui jouent un rôle majeur dans les mouvements d’eau au sein de l’organisme. Elles sont impliquées dans le maintien de l’hydratation cutanée et c’est par elles que se fait le lien entre l’ingestion d’eau et le maintien d’une hydratation de la peau2. Mais au niveau cutané, la seule boisson ne suffit pas. Les aquaporines transportent aussi du glycérol provenant de la lipolyse des triglycérides. Enfin, un film lipidique à la surface cutanée permet le maintien de l’hydratation, ce qui explique que les apports en certains acides gras, notamment le GLA, puissent contribuer à protéger la peau contre la déshydratation3. Cela explique aussi les effets des crèmes hydratantes, dont l’application n’a pas seulement un but esthétique mais s’avère constituer un adjuvant majeur à l’entretien de la peau afin d’éviter sa déshydratation.

Baisse des performances intellectuelles

Il n’y a pas que la peau qui peut manquer d’eau. L’exercice auquel on se livre à l’extérieur pour résister au froid (on marche plus vite, on se balance d’un pied à l’autre en attendant le bus, …) alors qu’on est couvert de vêtements épais, favorise la transpiration. Et lorsqu’on se retrouve à l’intérieur des habitations, celles-ci peuvent être surchauffées et là encore, la transpiration peut s’en trouver accrue. Les performances mentales sont également menacées par la déshydratation et il ne faut pas aller jusqu’au coma pour que cela se manifeste. Il ne faut pas non plus être nécessairement nourrisson ou grand vieillard, ainsi que l’a montré une étude déjà quelque peu ancienne4. Onze soldats âgés de 20 à 25 ans ont été soumis à une acclimatation en chambre à 45° et ensuite soumis à un programme d’apports en liquides avec hydratation insuffisante. Différents degrés de déshydratation ont ainsi été induits chez eux (perte de 1%, 2%, 3% et 4% de leur poids corporel, respectivement). Ces niveaux de perte d’eau étaient provoqués dans un ordre aléatoire et des intervalles de deux à trois jours étaient ménagés entre ces différents niveaux. Des tests psychologiques ont été effectués avant et après déshydratation. Trois types de fonctions cognitives ont été évalués: efficacité en arithmétique, mémoire à court terme et capacités oculomotrices. Ces trois fonctions étaient progressivement dégradées au prorata du degré de déshydratation. Il semble que ce soit à partir de la perte de 2% du poids corporel que les altérations se font sentir de manière significative. Si la perte d’eau se poursuit, on assiste à une dégradation de plus en plus marquée, avec une corrélation entre degré de déshydratation et importance des troubles.

Fatigue et performances physiques

Plus récemment, une autre étude a donné des résultats allant dans le même sens. Seize volontaires, hommes et femmes âgés de 26 ans en moyenne, ont été soumis à une privation d’eau pendant 24h5. Leurs fonctions cognitives et motrices ont été testées après cette privation et après un intervalle de 7 jours, au cours d’une phase de prise normale de liquides. Les auteurs n’ont pas noté de différences d’après les tests objectifs mais les appréciations subjectives des performances mentales se sont trouvées modifiées par la déshydratation. Cela allait de la sensation de fatigue accrue à la diminution de la capacité de concentration ou à la baisse de la vigilance, en passant par l’impression de devoir fournir un effort accru. Un dimorphisme sexuel a été constaté par les auteurs, notamment pour le temps de réaction.

Les performances physiques et les réponses physiologiques à divers stimuli peuvent aussi être altérées par la déshydratation. Cela a bien été étudié chez les athlètes et une publication récente6 vient encore de le rappeler: à partir d’une diminution de 3% du poids corporel en raison d’une perte hydrique, l’endurance des athlètes diminue.




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