Les prébiotiques aussi ont des vertus

20/04/2009
Article

Diverses variétés d’aliments peuvent être considérées comme des composants fonctionnels. Certains d’entre eux peuvent affecter une série de fonctions de l’organisme en rapport avec un état de bien être et de bonne santé et/ou d’une réduction du risque des maladies. La fonction du gros intestin et les microorganismes symbiotiques de son écosystème constituent des cibles majeures pour la mise au point de tels aliments. A ce titre, ils intéressent de plus en plus les professionnels de la nutrition. La consommation d’aliments contenant des prébiotiques est associée à un effet positif sur la santé: protection contre certains pathogènes, effet anticarcinogène et protection contre l’ostéoporose. Pour faire partie de la famille des prébiotiques, ces composés doivent répondre à plusieurs critères et doivent être intégrés aux aliments (tableau).

Pour un côlon en forme
La plupart des prébiotiques employés à ce jour sont des composants naturels issus de nombreux produits alimentaires végétaux. Un grand nombre d’entre eux sont désormais commercialement disponibles comme composants entrant dans la confection d’aliments fonctionnels. Parmi eux, les inulines et les peuvent jouer des rôles bénéfiques sur la santé grâce à leur nature chimique. La combinaison de leurs effets nutritionnels et physiologiques affecte essentiellement les fonctions gastro-intestinales. A la différence de la majorité des fibres alimentaires, la fermentation de l’inuline et des oligofructoses au niveau du côlon est sélective. Elle permet donc de modifier significativement la composition de la microflore intestinale en augmentant d’un côté le nombre de bactéries potentiellement bénéfiques et en diminuant de l’autre celui des germes pathogènes. Ces prébiotiques permettent également d’induire des changements au niveau de l’épithélium du côlon et dans diverses fonctions exercées à cet endroit. Une récente méta-analyse a révélé que la consommation de ces composés augmente la biomasse fécale. Plusieurs études ont montré qu’ils activent l’absorption du calcium et du magnésium. 

Immunité et appétit
D’autres études ont montré que l’inuline et les oligofructoses sont capables de moduler nos défenses. En agissant sur l’épithélium intestinal, ils améliorent la morphologie et l’épaisseur de la muqueuse, ainsi que la composition des mucines du mucus. Ils sont également bénéfiques pour le système immunitaire en ciblant les tissus lymphoïdes associés à l’intestin et la plaque de Peyer. Une implication de ces prébiotiques dans la diminution du risque de maladies liées à la défaillance des fonctions gastro-intestinales de défense a effectivement été démontrée. Par ailleurs, plusieurs données suggèrent qu’ils peuvent jouer un rôle clé dans la production, au niveau de l’intestin, d’une variété de dérivés peptidiques impliqués dans le contrôle et la modulation de divers processus métaboliques et physiologiques. Ils seraient également actifs dans les communications entre l’intestin et le cerveau. Parmi ces peptides, le glucagon-like peptide-1 (GLP-1) et la ghréline ont été particulièrement étudiés. Ces deux hormones participent à la régulation de l’appétit. 

Les triglycérides au rabais
Un autre rôle physiologique attribué à l’inuline et aux oliogofructoses est la modulation de la digestion/absorption et du métabolisme des lipides. Ils affectent la triglyceridémie et la cholestérolémie, ainsi que la distribution des lipides parmi les différentes lipoprotéines en faveur d’un pattern plus bénéfique pour la santé. Des études réalisées sur animaux ont montré que l’apport en prébiotiques exerce des effets bénéfiques sur le profil lipidique sanguin. En revanche, chez l’homme, les données concernant ces effets sont contradictoires. Brighenti a conduit une méta-analyse visant à quantifier les effets de ces composés sur les taux sériques humains de triacylglycérols (triglycérides). 
Les résultats ont montré que la consommation de ces prébiotiques est associée à des diminutions significatives des concentrations sériques des triglycérides. Etant donné le faible nombre d’études réalisées dans ce sens, ces effets ne tiennent pas compte de facteurs tels que le sexe, la quantité d’aliments ingérés, la durée des études, le surpoids, l’hyperlipidémie ou le diabète. En revanche, en utilisant un test d’hétérogénéité, il apparaît que l’effet de ces prébiotiques sur les triglycérides est constant dans les différentes conditions testées. Le mécanisme par lequel ces prébiotiques agissent, probablement lié à la fermentation au niveau du colon et/ou à une libération d’incrétines intestinales, nécessite d’autres investigations pour être mieux compris. 


Critères de sélection des prébiotiques 
• Pas d’hydrolyse et pas d’absorption par le tractus digestif supérieur
• Fermentation sélective par une ou quelques bactéries bénéfiques dans le côlon
• Altération positive de la composition microflorale
• Induction d’effets bénéfiques démontrée pour la santé de l’homme

D’après Roberfroid M 


 

La Rédaction

Références

Brighenti F. Dietary fructans and serum triacylglycerols: a meta-analysis of randomized controlled trials. J Nutr. 2007; 137: 2552S-2556S

Lewis S et al. Effect of the prebiotic oligofructose on relapse of Clostridium difficile-associated diarrhea : A randomized, controlled study. Clinical Gastroenterology and Hepatology 2005; 3 : 442-448 

Roberfroid M. Côlon, prébiotiques et probiotiques, et effets sur la santé. Lettre scientifique de l’Institut Français pour la Nutrition (IFN) 2008; N° 126

Roberfroid M. Inulin-type fructans: functional food ingredients. J Nutr. 2007; 137: 2493S-2502S




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